‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 148 sur 422 · LE. MARÉCHAL D'ESTRÉES · texte numérisé non relu

LE. MARÉCHAL D'ESTRÉES

de la discipline. C'était là que beaucoup de capitaines laissaient l'argent qui devait servir à Tentretien de leur compagnie. C'était de là que revenaient trop souvent ces lieutenants qui émouvaient la pitié du comte de Gisors, quand il les voyait, « faute de moyens, reprendre pour leur subsistance la moitié du pain de munition qu'ils avoient accordé à leurs valets \ » Enfin c'était de là que partaient les soldats pour courir la maraude, et c'était là, qu'après avoir rançonné ou pillé les pauvres gens du voisinage, ils rapportaient effrontément leurs dépouilles. A tous les degrés de Tarmée, le maréchal d'Estrées était résolu d'arrêter le progrès du mal. Aux officiers généraux et aux colonels il avait donné les ordres les plus sévères pour qu'ils eussent à laisser à Munster toutes leurs voitures; il n'y avait d'exception que pour celles des chirurgiens majors. Contre « le brigandage des vivandiers » et contre la maraude, le grand prévôt était armé des peines les plus sévères ; les maraudeurs pris en flagrant délit étaient livrés à l'exécuteur et pendus^.

Du 3 au 5 juin, les deux lignes de l'armée avaient successivement quitté le camp de Munster et s'étaient portées sur l'Ems, d'abord à Teligt, puis à Warendorf . La marche s'était faite en bon ordre, mais en arrivant, le 4, au camp de Warendorf, beaucoup de soldats

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