‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 149 sur 422 · Gisora à Belle-Itle, 29 mai · texte numérisé non relu

Gisora à Belle-Itle, 29 mai

SEVIT CONTRE LA MARAUDE. i8o

^'étaient échappés des rangs pour faire la maraude. Dix ou douze vaches avaient été tuées et partagées entre les maraudeurs. Au retour, deux d'entre eux étaient tombés entre les mains du grand pré\ôt : c'étaient deux grenadiers de Champagne, qui n'avaient jamais été mis en prison, bons sujets au témoignage de leur colonel , a et de ces gens à bons propos qui animent toute une compagnie. » Toute la compagnie vii.tdonc au comte de Gisors pour qu'il sollicitât la grâce de leurs camarades. Il répondit qu'il était aussi affligé que personne dans le régiment, mais que jamais il n'arrêterait le cours de la justice qui devait être inflexible contre les maraudeurs. Le maréchal avait prononcé son arrêt : , l'un des deux coupables, désigné par le sort, devait être exécuté le lendemain. Le lendemain 5, à la pointe du jour, le comte de Gisors partit avec un détachement chargé d'escorter le comte de Maillebois, maréchîil général des logis de l'armée, qui allait reconnaître la position d'un corps hanovrien qu'on disait être dans le voisinage.

La reconnaissance ne rentra que le 6 au matin à Warendorf. Avant de regagner ses tentes, le comte de Gisors s'empressa d'aller faire son rapport au maréchal d'Estrées. A peine se fut-il montré , a savez-vous, lu dit le maréchal, quel parti j'ai été forcé de prendre?» Comme évidemment il ne comprenait rien à cette question, le maréchal l'emmena dans son cabinet et le mit au courant d'un fait déplorable qui 3'était passé la veille pendant son absence. Au moment où le maraudeur condamné à mort arrivait sur le lieu de l'exécution, au milieu de plus de dix mille soldats de tous les corps, et tandis que le peloton de grenadiers de Champagne qui

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