‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 153 sur 422 · Belle-hle à GisoN, 14 juin · texte numérisé non relu

Belle-hle à GisoN, 14 juin

190 KSPOIU D'UNE BATAILLK.

Champagne, et l'esprit de justice qui tempérait la sévérité du général en chef, eurent bientôt apaisé les ressentiments qu'avait soulevés la malheureuse affaire du 6 juin ; quinze jours après il n'en restait plus trace. <( M. le maréchal, écrivait h son père le comte de Gisors, a comblé de politesses les chefs du régiment que j'ai menés dîner chez lui, et nous a tenu, en présence de deux cents personnes, des propos mille fois plus flatteurs que ceux qui nous ont affligés n'étoient offensants. 11 viendra demain voir manœuvrer le régiment. Jugez si nous serons sur notre propre *. »

Malheureusement pour le maréchal et pour son armée, l'ennemi leur avait offert pendant quelques jours, puis enlevé tout à coup l'espoir fortifiant d'une bataille. Il étiiit bien vrai que le duc de Cumberland, après avoir hésité d'abord et paru vouloir attendre en Hanovre l'attaque des Français, avait passé le Weser à Minden et rejoint avec la meilleure pailie de ses forces un corps d'observation qui , depuis les premiers jours de mai, occupait, auprès de Bielefeld, le poste de Brakwede.

En réunissant à ses Hanovriens tous les contingents fournis par le landgrave de liesse , le duc de Brunswick, le duc de Saxe-Gotha et le roi de Prusse, il pou-

1. Gisor» à nelle-isle, 2\ juin [3433]. — Le 26 juin, il y eut entre lefl lieulenaiits de Champagne et ceux de Navarre une parUe de barres dont le comtn de Gisors fit les honneurs au maréchal et aux princes.

RKTIIAITE DFS HANOVRIKNS. \9\

vait disposer de quatre-vingts bataillons et de soixante escadrons à peu près. Le poste occupé par les Ilanovriens, adossé à de hautes collines boisées, couvert de retranchements et de redoutes, paraissait inaccessible par son front et par sa droite ; il Tétait moins par sa gauche, et, en manœuvrant de ce côté, il y avait chance ou d y donner un assaut favorable, ou de déposter l'ennemi en le tournant et de le surprendre en retraite. Le 9 et le 10 juin, Tarmée française avait quitté Warendorf et s'était portée à Rheda, tandis que la réserve du prince de Soubise prenait position un peu en avant sur la droite, à WiedenbrQck. Dans cette situation, le maréchal d'Estrées était tout à fait sur le flanc gauche de l'ennemi. D'accord avec le prince de Soubise, il était décidé à l'attaquer, mais le pain manquait , il fallait attendre un convoi qui venait de Munster ; l'attaque fut renvoyée au 18. Ce délai de moins, et en avançant même l'affaire au 14, il eut été déjà trop tard ; car le 13, le jour même où le maréchal conférait avec le prince de Soubise, le duc de Cumberland, inquiet, peu confiant dans la bonté de ses retranchements, (ît satisfait peut-êtn» d'avoir enlevé tous les grains et tous les fourrages jusqu'au Weser, avait brus- (|uement donné à ses troupes Tordre de décamper et de se replier sur Minden. A cinq heures du soir, toutes les tentes étaient abattues et la retraite commençait par la droite; six bataiUons pnissiens faisaient TaiTièn»garde.

11 y avait cinq lieues de Rheda à Brakwede ; averti du mouvement des ennemis, le maréchal d'Estrées avait donné Tordre au prince de Beauvau de les suivre au plus vite avec un détachement de grenadiers et cinq

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