AFFAIRE DE BIELEFELD
eents chevaux. Le comte de Gisors avait obtenu de marcher en volontaire avec ce détachement. Par un malentendu regrettable, Tordre du mai'échal ne put être exécuté qu'à onze heures du soir. Entre deux et trois heures du matin, à la petite pointe du jour, on entendit un feu très-vif. C'étaient les volontaires royaux du comte de Chabo* qui, placés à GiUersloh à mi-chemin d'un camp à l'autre , avaient profité de leur avance et s'étaient jetés les premiers sur l'infanterie prussienne. Ils l'avaient atteinte dans son camp même et la menèrent battant jusque dans Bielefeld. Au delà, il y avait une gorge qui devait retarder la retraite de l'ennemi ; si les volontaires, trop peu nombreux pour s'y porter seuls, avaient été soutenus à temps, l'arrière-garde du duc de Cumberland pouvait être prise ou détruite. Mais quand les grenadiers du prince de Beauvau arrivèrent à Bielefeld , le moment favorable était passé ; ce fut un double malheur, car les grenadiers se revanchèrent de leur déconvenue sur la pauvre petite ville qui fut odieusement pillée. Le soldat, ivre de vin et d'eau-de-vie, n'écoutait plus ses officiers. Il y eut pour plus de cent mille francs de toiles enlevées ou détruites. A midi , l'ordre commençait à peine à se rétablir, et il fallut attendre jusqu'au soir pour reprendre la poursuite qui , à vrai dire , ne pouvait plus donner aucun résultat sérieux.
Un second détachement commandé par le comte de Lorge avait rejoint celui du prince de Beauvau. Le 15, au point du jour, l'un et l'autre formant avec les volontaires royaux un corps d'environ quatre mille