‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 156 sur 422 · Gitors à Belle-Ule, 14» 10 et 10 Juin · texte numérisé non relu

Gitors à Belle-Ule, 14» 10 et 10 Juin

i04 M. DE OISOHS DKFEND LE MARECHAL.

supériorité pour harceler leur retraite, ont produit uu mauvais effet daus le gros de Tarmée qui, injuste sur le défaut de subsistaiices, blâme encore le peu de vivacité avec laquelle nous nous portons sur le Weser^ » Mais quelques jours après, rendu à lui-même et mieux éclairé sur les derniers événements, il prenait généreusement le parti du général blâmé mal à propos et plus mal servi. «J'ai vérifié, disait-il, tout ce qui avoit pu occasionner la lenteur avec laquelle nos détachements ont marché à la poursuite de Tennemi, et j'ai trouvé que les ordi'es du maréchal avoient été donnés assez à temps pour qu'il y eût cinq mille hommes sur Tarrière-garde avant la pointe du jour. La situation de M. le maréchal est réellement à plaindre vis-à-vis des ordres qu'il reçoit, des difficultés qu'il rencontre dans ce maudit pays, de l'inexactitude avec laquelle ses ordres sont exécutés, de l'humeur que cela lui donne et des ennemis qui empoisonnent les propos que l'humeur

lui fait tenir Nous sommes dans un malheureux

temps, mon cher père; dans tous les états l'indépendance gagne, et chacun, sans rien examiner, censure ceux en qui réside l'autorité ; peu de véritables citoyens et de gens qui aiment le bien. » Puis, par un brusque retour, de la situation du maréchal d'Estrées à l'armée passant à celle du maréchal de Belle-Isle au Conseil, il ajoutait : « Par tout ce que je vois, mon chagrin redouble de vous voir dans la place où vous êtes. Je gémis de n'être pas à portée d'être le confident de vos peines... Il faut bien de la gloire pour me dédommager de ce qu'il en coûte à mon amour d'êti-e séparé de vous^. »

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