‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 157 sur 422 · AGITATION DANS I/ARMÉE · texte numérisé non relu

AGITATION DANS I/ARMÉE

Le comte de Gisors faisait allusion à des rumeurs qui couraient autour de lui. On disait que la nouvelle armée d'Allemagne , composée de quarante-cinq bataillons et de cinquante-huit escadrons, c'est-à-dire forte de plus de quarante mille hommes, allait avoir pour chef le maréchal de Uirhelieu; et en effet le maréchal de Belle- Isle en avait informé son fîls*; mais on ajoutait que le nouveau général , réconcilié avec madame de Pompadour par les soins de Paris Duverney, avait été nomme malgré la vive opposition du maréchal de Belle-Isle.

Il y avait un autre événement qui augmentait l'agitation dans Tarmée de Westphalie. Le prince de Soubise venait d'être subitement rappelé à Paris pour prendre les ordres de la cour au sujet d'une troisième armée moins considérable, mais complètement distincte des deux autres, et que le roi se proposait d'envoyer encore au secours de l'impératrice. La réserve dont le commandement vaquait par le départ de M. de Soubise avait été tout de suite partagée en deux corps que le maréchal d'Estrées, dans son libre choix, avait confiés au marquis d'Armentières et au duc de Broglie; de là, dans la foule des lieutenants généraux, une explosion de récriminations jalouses et contre le maréchal et contre leurs collègues favorisés par le maréchal. « Autant que j'en puis juger, écrivait le comte de Gisors à la fin d'une de ses lettres, M. de Maillebois ne donne pas son approbation à tout ce qui se passe '^ » Par ce trait rapide, M. de Gisors avait nettement désigné l'auteur de tout le mal, le mauvais génie du maréchal d'Estrées.

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