‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 16 sur 422 · DELIVRANCE DE GENES · texte numérisé non relu

DELIVRANCE DE GENES

et plus encore la vive représentation qu'elle se fait de votre affliction et de vos cliagi'ins ne la quittent pas. Quelque habitué que je sois à l'admirer, je conviens qu'elle m'étonne et qu'il est difficile de s'imaginer dans un même cœur tant de vertu et tant de fermeté jointes à tant de sensibilité. Je me flatte que si Dieu vous conserve et M. de Gisors, et lui rend bientôt votre présence et la sienne, il n'y aura plus rien à craindre de ce rude orage qu'elle vient d'essuyer ; mais j'avoue que je crois qu'eUe a besoin de vous revoir et d'être avec vous quelque temps. Il lui faudra cette douceur pour qu'elle soit en état de soutenir ces combats perpétuels entre ses inquiétudes, sa douleur et sa raison, dont elle sort toujours victorieuse, mais qui ne laissent pas de coûter cher, lors même qu'elle les surmonte*. »

Le chevalier de BeUe-Isle n'avait pas du moins inuliment sacrifié ses troupes et lui-môme; la diversion qu'il avait commencée n'était point restée sans effet ; les Piémontais s'étaient séparés des Autrichiens et les 'Autrichiens avaient levé le siège de Gènes. Par l'énergie de ses paroles et de ses exemples, un Français, un héros, le duc de BoufUers avait jusqu'à la fin soutenu le courage des Génois ; au moment même où le péril

. cessait, il mourut. Le duc de Richelieu fut envoyé pour prendre sa place ; il était lieutenant général ; il devait obéissance au maréchal de BeUe-Isle, commandant eu chef de toutes les troupes françaises en Italie; cepen-

: dant il prit le prétexte que les communicalions entre Nice et Gcnes n'étaient pas encore tout à fait rétablies,

*\ déclina l'autorité du maréchal et agit comme un géné-

Page 1