‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 171 sur 422 · U CHAGRIN DU COMTE DE GISORS · texte numérisé non relu

U CHAGRIN DU COMTE DE GISORS

marche; nos malingres avoient repris des couleurs; ceux qui étoient le plus las le matin en arrivant triploient de jambes, et malgré moi les rangs très-serrés, nous n'avons cessé de marcher le pas redoublé jusqu'à ce que le fatal ordre de rentrer dans notre camp est arrivé. Cet ordre a été im coup de poignard pour moi et pour tout le monde. Pour me consoler un peu, j'ai demandé à M. de Chevert la permission d'aller au camp de M. d'Armentières d'où étoit venue l'alerte et qu'on disoit encore en prise avec l'ennemi. Tout étoit aussi fini quand j'y suis arrivé. Je n'ai tiré de mon voyage que le profit de voir les dispositions qui avoient été faites de part et d'autre et n'ont abouti qu'à se retirer

chacun de son côté Ce qu'il vous suffit de savoir est

que ce corps qu'où a pris pour l'avant-garde des ennemis qui marchoient à nous est le même que nous avons déjà voulu attaquer à HaÛe. N'ayant cru avoir afl*aire qu'à un simple détachement de douze compagnies de grenadiers qui avoient précédé les campements de la réserve, il a cru pouvoir se montrer, et quand il a aperçu les colonnes de l'armée, il s'est bien vite retiré et a exécuté sa retraite en bon ordre, parce que nous ne l'avons pas poursuivi. Excusez, mon cher père, si je murmure en soldat de voir encore une occasion manquée de tomber sur le corps des Hanovriens; quand je serai plus instniit, je finirai sûrement par respecter la prudence des généraux. Ne montrez, je vous prie, ma lettre à personne, parce que je ne pense ainsi tout haut que vis-à-vis d'un père que j'aime et respecte de toute mon Ame*. »

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