‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 177 sur 422 · PREND UNE NOUVELLE POSITION · texte numérisé non relu

PREND UNE NOUVELLE POSITION

bouchèrcDl à travers les bois par des passages si resserrés qu'à cinq heures du soir seulement les dernières troupes arrivaient au bivouac. Il était trop tard pour engager la bataille ; un nouveau plan d'attaque était d'ailleurs devenu nécessaire.

Voici, parfaitement exacte et pittoresque, quoique d'un français médiocre, la description du camp hanovrieii par un ofQcier de Tarmée hanovrienne : « Notre front étoit étroit et extrêmement fort, par le village de Hastenbeck que les ennemis avoient à passer et un chemin creux très-profond entre nous et le village dont nous fîmes d'abord rompre les communications faites lorsque nous y campions. Notre droite étoit sur une hauteur devant laquelle il y avoit des marais, ou pour mieux dire quelques ruisseaux. La pente de cette hauteur étoit si escarpée -que cela paroissoit un rempart Tait exprès, de sorU3 que nous n'avions rien à craindre de Tartillerie qui auroit pu venir dans le fond. Elle ne pouvoit être tournée, s'appuyant pour ainsi dire sous le canon d'Hamelen, et les détours que cette hauteur faisoit sembloient être exprès pour que nos batteries, postées dans les rentrants, la pussent flanquer. En un mot, elle étoit inattaquable, et le Tunder-Anger^ qui étoit devant, ne pouvoit être que ce qu'il fut, c est-à-dire un théâtre pour les courses et tirailleries des houssards.

l. La partie de la plaine qui longeait le Weser jusqu'au village de Tunderen.

220 DISPOSITIONS DES HAXOVRIENS.

L'aile gauche, qui éloit vis-à-vis de Fuhsberg, commandoit tout le village de la hauteur sur laquelle elle »étoit postée. Tout étoit des bois fort fourrés, et sur le liane il y avoit des hauteurs escarpées et des ravins qui ressembloient plutôt à des précipices. 11 ne paroissoit pas probable d'y former une attaque avec de Tartillerie, et, pour plus de sûreté, on y ordonna un abattis qui fut fait pendant la nuit (du 24 au 2S), de même que les batteries. Le poste de Bisperode avoit été garni la veille de quatre cents hommes d'infanterie et ce poste étoit assez intéressant ; il étoit entièrement sur notre gauche, à un quart de lieue de notre aile, commandant le grand passage ^ et ayant un bon fossé ne pouvoit être pris que par du canon. Toutes ces circonstances nous faisoient envisager notre position comme trèsforte, et pas sans raison^. » Quelques traits suffiront pour achever ce tableau. Entre le centre et la gauche, à la lisière des bois, une grande redoute avait été construite ; une autre moins considérable s'élevait eu arrière de Hastenbeck, toutes deux pourvues d'une artillerie de gros calibre que le duc de Cumberland avait tirée de Hameleu ; la première était armée de neuf canons de douze et de deux obusiers; les pièces de campagne étaient distribuées en batteries mobiles sur le front de l'armée jusque dans les bois. La cavalerie, pour qui le terrain ne se trouvait point favorable, était placée derrière Tinfanterie, mais sur un plateau et fort inutilement exposée à la canonnade. A son aile gauche, où il prévoyait les plus chaudes attaques, le duc de

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