MARCHE DE CHEVERT
les Hanovriens étaient-ils à cette place? Comment y avaient^ils du canon? En un mot, que s'était-il passé dans ces bois?
Lorsque Chevert, après quatre heures de marche, avait enfin abordé, vers neuf heures du matin, les postes retranchés qui couvraient dans la montagne Textrême gauche de Tannée hanovrienne, il y avait rencontré une résistance formidable. Dès la première décharge, le lieutenant-colonel de Picardie, le colonel de Navarre, sept capitaines de grenadiers, beaucoup d'officiers subalternes , étaient tombés morts ou grièvement blessés; le commandant des volontaires, M. de Bussy, qui la veille avait reconnu la direction à suivre, venait d'être, le premier, tué roide. Sans guide, la colonne avait été forcée de défiler au pied d'un escarpement dont une ligne de feu couronnait la crôte. Enfin, à force de gravir, elle avait atteint une arête qui se reliait au plateau occupé par l'ennemi. Elle allait gagner sa revanche; seize pièces de canon, hissées à force de bras, avaient renversé les abattis derrière lesquels s'abritaient les grenadiers hanovriens. Quoique le duc de Cumberland, dès les premiers bruits du combat, eût envoyé trois bataillons de Brunswick pour les soutenir, dès que leurs adversaires se trouvèrent de niveau et en état de se prendre corps à corps avec eux, la lutte, quoique énergique, ne fut pas de longue durée. Les Hanovriens cédèrent et, tout en tiraillant, se replièrent vers le gros de leur armée. Leiu' retraite indiquait à Chevert le chemin qu'il devait tenir. Parvenu sur un sommet découvert, d'où les lignes françaises étaient en vlie, le régiment de iUcardie y planta l'un de ses drapeaux. Désormais il n'y avait