‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 186 sur 422 · ÉTRANGE CONDUITE · texte numérisé non relu

ÉTRANGE CONDUITE

maréchal, Chevert avait entendu le bruit de cette lutte, mais il était déjà loin; sa mission ne lui permettait pas de s'arrêter, de reculer moins encore. Le prix de la bataille était devant lui, dans la plaine de Hamelen, où il voyait de ses yeux l'ennemi faire retraite. Quelque chose qui se passât en arrière, ce n'était, ce ne pouvait être qu'un incident sans importance. Le marquis d'Armentières, avec dix-huit bataillons, n'était-il pas là d'ailleurs pour y porter remède?

Ces mêmes réflexions qni se présentaient à l'esprit sensé du maréchal avaient calmé ses premières inquié-, tudes. Il donnait des ordres pour faire cesser, quelle qu'en fût la cause, cette échauffourée singulière, et les bonnes nouvelles qu'il recevait au moment même de Chevert achevaient de lui rendre le sentiment de sa victoire, lorsqu'il vit accourir à toute bride un officier d'état-major. Rien n'était si pressé, au dire de cj3t officier, que d'envoyer au comte de Maillebois, qui l'avait dépêché auprès du maréchal, deux brigades de cavalerie et deux d'infanterie, parce qu'il y avait de la cavalerie et de l'infanterie ennemie qui tournaient peu» l'extrémité des bois. Dans l'instant même , avant que le maréchal eût eu le temps de donner des ordres, il vit tous les escadrons de sa gauche prendre le galop, traverser obliquement la plaine et se porter en arrière de la droite, vers le débouché d'une gorge qui communiquait avec le grand chemin de Hanovre. Qui donc, sans l'aveu du général en chef, avait commandé ce mouvement considérable? M. de Maillebois.

Depuis trois heures il était à la gauche de l'armée, séparé du maréchal qui avait son poste d'observation dans la grande redoute. Les princes étaient restés au

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