M. DE MAILLEBOIS MIS DANS LE SECRET
M. de Paulmy, Crémille et Duverney aux préparatifs de Tarmée du Mein. Quels coups d'œil ces gens-là devaient échanger pendant ces conférences, et comme, le maréchal sorti, ils devaient s'amuser de son travail !
Il n'y avait que le comte de Maillebois qui ne fût pas encore de la conspiration, et cependant il méritait bien d'en être, car par ses lettres à Duverney, à M. de Paulmy, sans doute à madame de Pompadour, il avait plus que personne aidé Duverney à perdre le maréchal d'Estrées. N'était-il pas d'ailleurs l'ami du maréchal de Richelieu, n'allait-il pas être son guide et son confident à l'armée de Hanovre? Duverney fit si bien que le marquis de Paulmy, qui avait hésité jusque-là à mettre son beau-frère dans la confidence, l'y mit enfin le 2 juillet. C'était au moment où M. de Maillebois désespéré venait de se plaindre à Duverney qu'il contrariât son goût et sa fortune en l'empêchant de rejoindre sur le Mein son cher maréchal de Richelieu ' . A ses doléances Duverney répondit, le 5 juillet : ce 11 y a longtemps que, si j'avois osé, vous auriez été instruit de ce que vous savez actuellement. Je n'ai rien pu faire de mieux que de solliciter moi-même pour que l'on rompît le silence avec vous. Tous les détails que j'aurois à vous faire là-dessus sont aujourd'hui inutiles'^. » Ce fut au camp de Bielefeld, et pendant que le maréchal d'Estrées était allé, sans lui, faire jeter les ponts sur le Weser, que le comte de Maillebois reçut ces importants avis; il eut le temps d'y réfléchir et de préparer sa conduite en conséquence.
Pour Duverney et ses complices, il ne restait plus
1. Voir plus haut la lettre de Maillebois à Duverney, du 29 juin, ^'\ p. 196-198.