ÉMOTION DANS L'ARMEE
terrible fardeau du commaQdemeDt d'une armée françoise, dont il est dangereux de compromettre la gloire et la réputation si bien méritées *. » Comme cette lourde sentence tombait à propos! C'était cinq jours après la bataille de Ilastenbeck, c'était le jour même où le comte de Gisors en donnait la nouvelle à Compiègne, le 31 juillet, que Dumesnil accablait de son dédain le maréchal d'Estrées, Ce que c'est que d'être loin ! Ce moraliste attardé ne savait rien de la bataille, et déjà l'armée connaissait la disgrâce de son chef victorieux. Les dépêches de la cour y étaient arrivées le 30. Quelle journée pour le maréchal d'Estrées ! Mais quelle journée aussi pour le comte de Maillebois ! L'armée frémissante, indignée, l'accusait hautement d'avoir voulu et préparé un revers; les plus modérés lui reprochaient au moins d'avoir privé son général d'une victoire complète. Cependant ni les uns ni les autres ne savaient rien des intrigues qu'on vient de lire. Aujourd'hui le procès est instruit, qu'on le juge.
S'il est vrai que le comte de Maillebois se fût seulement proposé de rendre la bataille indécise , et si tel était, dans son étrange conduite pendant la journée de Ilastenbeck , le moindre de ses desseins, force lui était de reconnaître qu'il n'y avait pas môme réussi. Jamais victoire complète n'avait eu des suites plus
1. Dumesnil à Duverney, 31 Juillet.— Correspondance Duvcniej» Dumesnil. [Jr«#. D. G.]