‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 206 sur 422 · EFFETS DU CHANGEMENT DE GÉNÉRAL · texte numérisé non relu

EFFETS DU CHANGEMENT DE GÉNÉRAL

recommencer une campagne brillante, et il trouve des suites de notre pauvre petite victoire qui ne lui laissent presque plus rien à faire et qm ne font plus désirer à l'infanterie que paix et aise * . »

En frappant le maréchal d'Estrées, le gouvernement de Louis XV avait atteint du même coup l'armée tout entière et dans ses profondeurs. Ce que, sous la main d^un chef intègre et sévère, elle avait déjà gagné d'ordre et de discipline, ce que, sous la main de ce chef désormais autorisé par la victoire, elle était prête à gagner encore pour atteindre à ces hauteurs morales d'où ni armée ni société, sous peine d'infamie, ne peut déchoir, progrès accomplis, progrès espérés, tout s'abîmait, tout disparaissait avec le maréchal d'Kstrées. Et à la place de cet honnête homme, qui voyait-elle? Un courtisan raffiné, sceptique, corrompu, triomphant par l'intrigue; à côté de lui, comme son confident et son guide, l'homme qui avait trahi la confiance de son premier chef. Quel spectacle et quels exemples! Le chevalier de Chabo, compris dans la disgrâce du maréchal d'Estrées, révoqué pour faire place à une créature du maréchal de Richelieu, lançait en s'éloignant cette prédiction sinistre : a Comptez, écrivait-il à Duverney, comptez, mon cher ami, que l'on ne veut point d'honnête homme dans cette armée ; l'on y veut disposer à son gré des subsides^ des contributions et des secours que d'honnêtes gens eussent tournés au profit des troupes et du roi'.»

Le 1 1 août, le maréchal de Richelieu avait porté son

1. Le commissaire Duvivier à Duverney, G aoûl 1757. Correspondince Duvcrney-^laillebois, q° 29.

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