Gisors à Belle-Isle, 26 août [3438]. - 2. 28 août
COMBAT DE ROTENBURG. 261
de Montcynard n'avait plus devant lui qu'une arrièregarde déployée en rideau. Ce fut dans la nuit du 30 au 31 seulement qu'il connut la vérité. Averti par lui, le maréchal de Uichelieu se hâta de le rejoindre, suivi des grenadiers royaux et de France, de tous les grenadiers des régiments, de tous les carabiniers et de douze pièces de canon. Le reste de Tarmée vint prendre position sur la bruyère de Walle, à une lieue et demie en avant de Verden. Il y avait à Rotenburg un fort qui riposta d'abord au feu de Tartillerie française ; mais cette canonnade n'était que pour donner à Tarrière-garde hanovrienne le temps de plier ses tentes. Quand tout fut fait, le feu cessa de Tautre côté de la Wumme. Cependant la caviderie française et les dragons s'embourbaient en cherchant des passages ; les grenadiers, plus heureux, parvenaient à défiler un à un sur les portes d'une écluse ; mais il n'y avait plus dans le fort que des canons encloués. Déjà le dernier peloton de l'ennemi avait gagné de l'avance, et quand on voulut s'engager à sa poursuite, la seule chaussée qu'on pût prendre se trouva interrompue par une large coupure. A Ottersberg, où le duc de Broglie avait en même temps marché avec sa réserve, pareille canonnade, pareilles difficultés, pareille évasion d'un ennemi impossible à joindre*. D'ailleurs on ne savait plus comment vivre. Au camp même, le pain blanc manquait ; la dernière fois que le comte de Gisors avait pu s'en procurer, il l'avait payé dix sous la livre; sans lui, ceux de ses officiers qui étaient partis pour Rotenburg n'auraient rien eu à manger *.
1 . Relation manuscrile de la campagne de Hanovre par un offlder de rétat-major. Archivée du Dépôu Uémoires,