LE DUC DE RICHELIEU ET M. DE GISORS
pleins de zèle et gaieté, concourir d'un commun accord aux vues de nos chefs*. »
Le 2 septembre, M. de Gisors envoyait à son père le curieux détail d'une visite qu'il venait de faire au maréchal de Richelieu. Après beaucoup de politesses, d'avances et de compliments du maréchal pour le régiment de Champagne et son colonel, « la conversation générale, ajoutait celui-ci, a roulé sur la maraude. Je ne peux assez faire Téloge des bons propos qu'il a tenus à ce sujet, propres à exciter l'émulation des chefs de corps; puis, m'adressant la parole, il m'a dit : « C'est à vous que je « m'en prendrai si les choses ne vont pas bien, parce *( que c'est vous et non pas moi qui devez mener le ré- « giment de Champagne, et qu'il fera sûrement tout tt ce que vous voudrez. De mon côté, je serai occupé de « vous procurer de l'argent pendant le quartier d'hiver, (( parce que je connois les besoins de l'infanterie et tout « ce qu'elle mérite. » — «Vous parlez d'or, monsieur <c le maréchal, ai-je répondu ; les sentiments que vous c( nous inspirez ici ont encore plus de pouvoir sur nous a que vos ordres, quelque respect que nous ayons pour t( eux, et si, comme vous voulez bien le promettre, vous n vous occupez de nos intérêts pendant l'hiver, vous i( ne devez pas douter que la campagne prochaine nous «ne redoublions d'efforts pour contribuer à votre « gloire. ï) Je vous rapporte cette conversation, mon cher père, pour que vous sachiez exactement la position où je suis. Vous m'approuverez, je crois, d'avoir attendu pour dîner chez M. le maréchal, qu'il me l'eût dit, et de me tenir toujours fort en arrière quand je vais lui