DOULEUR DU MARQUIS DE PAULMY
tous ceux qui sont à votre armée. J'ai tenu bon tant qu'il n'a été question que d'objets de peu de conséquence, mais je vous avoue que je n'ai pas voulu qu'on me prît à partie sur les marchés de fourrages et sur le plus ou le moins du traitement d'hiver. On s'en tirera, mon ami, comme on voudra ^ » Cette dernière lettre était datée de Plaisance. A un autre de ses confidents il écrivait avec moins d'aigreur : a Ma santé est délabrée au point que je désespère de pouvoir la rétabUr... Un pareil état et soixante-quatorze ans font faire des réflexions; j'en ai fait. Il en est résulté que j'ai renoncé à la suite des objets qui pouvoient trop m'affecter, entre autres à celui de la subsistance des armées dont je ne veux plus du tout me mêler... Je compte me retirer à l'École militaire ou à Plaisance... Je regarderai de ma retraite tout ce qui a rapport aux armées d'un œil de citoyen, car j'en aurai les sentiments jusqu'au dernier soupir^. »
Le premier atteint par la résolution de Duverney, c'était le moins coupable de tous, pour mieux dire, le seul innocent, car il était la docilité môme, le marquis de Paulmy. Aussi le vieillard irrité ne pouvait-il bien longtemps tenir rigueur à son pupille. Il consentit, sous le plus grand mystère, à lui continuer, par l'entremise de Crémillc, sa précieuse tutelle. On a la date de cette entente, (c De vous à moi, lui écrivait Paulmy, le 9 septembre, souvenez-vous de la promesse que vous m'avez faite hier ; vous devez cela à ma tendresse pour vous et à votre ancienne amitié pour mon oncle. »