PLAIDOYER DE M. DE MAILLEBOIS
Et trois jours après : « Je vous remercie de tout mon cœur de tout ce que vous avez bien voulu écrire à M. de Crémille... Ce petit commerce me consolera du moins un peu, mais je suis bien embarrassé à en garder le secret que je garde pourtant inviolablement; car votre amitié pour moi, qui est connue, fait qu'on s'étonne que vous m'abandonniez tout à fait. Je réponds que j'espère vous toucher par la suite; voilà ce que je dis à madame de Pompadour, qui, après vous avoir fait écrire par M. l'abbé de Bernis, doit vous écrire ellemême fortement pour vous prier de ne pas abandonner les afiTaires. Il est sûr qu'elles ont bien besoin de vous... Je vous embrasse et vous aime, monsieur, de tout mon cœur*. »
A l'armée, entre Richelieu, Maillebois et Dumesnil, ce fut une bien autre rumeur. Déjà les deux premiers n'étaient plus aussi étroitement attachés l'un à l'autre. Aussi Maillebois n'essaya-t-il pas de se fiiire l'avocat du maréchal; il ne parla que pour lui-même : a Je suis votre ami , écrivit-il à Duverney ; de plus je vous considère comme un citoyen précieux, comme un homme supérieur et unique, enfin comme un ami cher et nécessaire à un beau-frère que j'aime plus que moi-même; jugez si je veux rien perdre des sentiments sur lesquels vous m'avez permis de compter ^. » La cause était entendue; avec de telles raisons, il n'était pas besoin de plaider davantage.
Restait le grand coupable, Richelieu. C'était un habile homme, un esprit plein de ressources ; il fut à la
1. 9 et 12 septembre. Correspondance DuTemej-Paulmy, t. II, n»« 1 et 12.