‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 239 sur 422 · SECONDE LETTRE DU COMTE · texte numérisé non relu

SECONDE LETTRE DU COMTE

Cependant , le matin venu, les nuages repliés laissèrent voir Tazur du ciel ; les chemins étaient détrempés, mais le soleil brillait. La marche fut gaie ; les soldats riaient en s'éclaboussant dans les flaques d'eau ; le camp d'Oschersleben fut trouvé charmant d'un accord unanime, ce II ne nous laisse plus aucun regret sur nos baraques, écrivait M. de Gisors, quelque attachement qu e nous eussions hier pour elles. Il est vrai que M. le duc de Chevreuse a pourvu à tous nos besoins avec une attention à laquelle nous ne sommes pas accoutumés ; paille, foin, légumes, tout s'est trouvé à la tête du camp ' . »

Ce fut dans ce camp d'Oschersleben, où, quoique aux avant-postes, M. de Gisors n'eut pas l'occasion de voir l'ennemi davantage, qu'il écrivit, le 21 octobre, à sa jeune femme, la seconde des deux seules lettres que nous ayons de lui à elle. Celle-ci n'est plus sur un sujet militaire ; c'est à Paris qu'elle nous transporte, au milieu des querelles du Parlement et de l'archevêque , parmi les refus de saprements et les appels comme d'abus. Madame de Gisors, vive sur ces questions, alliée fidèle de l'archevêque de Paris, avait un peu compromis quelqu'un des ministres, sans doute le maréchal de Belle- Isle, son beau-père. Et là-dessus, M. de Gisors aimablement lui donnait cette petite leçon : «Je suis, en vérité, fort votre serviteur, madame de la Huche^ mais d'amitié je vous dirai à l'oreille qu'il ne vous convient pas d'aller apostiller la lettre d'un ministre, lequel, s'il prend de mes conseils, ne laissera jamais approcher à deux toises de son bureau un petit furet qui renverseroit et farfouil-

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