Glîora à Drlle-Islc, 30 sci.lembrc [34 îO
SUR I/IMPORTANCE DK IIALBERSTADT. 297
mées, dont le fonds est de plus de cent quarante mille hommes, culbutées, renversées et mises dans le désordre par une armée de quarante mille '. » L'opinion, môme erronée, de Duvemey était une puissance avec laquelle il fallait compter. M. de Richelieu assembla les meilleures têtes du corps royal de lariillerie et du génie , et leur demanda une consultation sur Tétat de Ilalberstadt. Pour Taméliorer, les docteurs en fortification déclarèrent qu'ils avaient besoin de trois mois et de six mille travailleurs.
L'armée connaissait l'homme qui entretenait les illusions de Paris Duvemey ; c'était un personnage du nom de Bernier, mi-partie d'officier et de munitionnaire, qui était attaché, avec le grade de colonel, à l'état-major du maréchal de RicheHeu, mais qui en était constamment détaché pour le senice de Duverney, qu'il avait mission de renseigner principalement sur les subsistances, au besoin sur d'autres objets. Par exemple, il lui écrivait : « J'ai toujours gardé le silence sur l'indiscipline de l'armée qui augmente tous les jours; ce qui se passe est si extraordinaire qu'il faudroit des expressions neuves pour en faire le tableau. Je respecte votre repos; permettez -moi de ne rien dire de plus^.» Mais il oubliait ou négligeait de lui parler des contributions qui se levaient sur le pays conquis et dont ni la caisse de l'armée ni le trésor royal ne profitaient guère. « Toute l'armée, écrivait M. de Gisors à son père, le jour où il partit de Halberstadt pour Oschersleben, toute l'armée trouve bien dur que pour satisfaire l'avidité de M. Ber-