‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 242 sur 422 · MISSION DE M. DE CREMILLE · texte numérisé non relu

MISSION DE M. DE CREMILLE

nier, protégé de M. Duverney, il faille risquer Thonneiir des troupes du roi qui seront très-compromises dans cette place, quelque ouvrage qu'on y fasse. Ce M. Dernier qui, en six semaines de temps, a soutiré dix mille francs de Brunswick où il étoit, voudroit bien demeurer en possession de la lieutenance de roi de Halberstadt, et il est bien singulier que M. Duverney, d'après les rapports d'un tel homme, donnant le ton au Conseil du roi, contredise tout ce que M. le maréchal de Richelieu, M. de Maillebois, les officiers généraux les plus estimables et tout le militaire pensent sur cette matière. Voilà, mon cher père, le cri général que j'ai cru devoir vous rendre dans toute sa force*. »

Pour décider entre Duverney et l'armée, le gouvernement n'avait imaginé rien de mieux que d'envoyer sur les lieux mêmes un arbitre dont l'opinion ferait loi ; cet arbitre était JI. de Crémille. Le maréchal de Delle- Isle en avait donné avis à son fils. « Le secret que vous me confiez, lui répondait celui-ci, le 19 octobre, humiliera beaucoup certaines personnes qui croient mériter qu'on s'en rapporte à elles, et il (Crémille) finira, je crois, sur les lieux, par être de leur avis sur beaucoup d'articles. » En effet, le maréchal de Richelieu et le comte de Maillebois étaient de la plus méchante humeur; pour avoir été naguère leur complice, Crémille n'en allait pas moins être un contrôleur et un surveillant de leurs actes; le seul fait de sa mission leur était profondément désagréable. «Mon Dieu, mon cher ami, écrivait Dumesnil à Duverney, que j'entrevois de choses singulières! Maillebois me paroît outré et le maréchal

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