ARRIVEE DE M. DE CREMILLE
la machine si mal montée, que c'est actuellement plus en qualité de particulier qu en qualité de colonel qu'on fait le bien * . »
C'est dans cette ^rmée que M. de Crémille arriva enfin, le 4 novembre. La question de Halberstadt fut tout de suite posée. Le roi personnellement avait chargé Crémille de faire connaître au maréchal de Richelieu, sinon sa volonté formelle, du moins son vif désir qu'il gardât un poste aussi considérable que Halberstadt. Ne pouvant mieux répondre, le maréchal conduisit son visiteur autour de la ville. « Je dois convenir, écrivait celui-ci au ministre de la guerre, que dans l'état où elle est aujourd'hui, elle ne sauroit être regardée autrement que conuBe un village d'une étendue immense, entouré de simples et mauvaises murailles, où en effet il faudroit des travaux d'une très-longue haleine pour la mettre à l'abri d'un coup de main. » Vint ensuite la question de la discipline. « Le roi auroit désiré, continuait Crémille, que n'ayant pas cru devoir sévir contre aucun de MM. les officiers généraux qui avoient pu être dans le cas de donner sur cela de mauvais exemples, M.le maréchal en eût du moins nonuné les auteurs à Sa Majesté. M. le maréchal m'a dit sur cet article qu'il y avoit peu d'exemples particuliers à faire lorsque les abus étoient généraux, et que d'ailleurs tout le temps, depuis son arrivée à l'armée, s'étoit passé en mouvements si vifs et si rapides qu'il eût été bien difficile de remettre tout d'un coup l'ordre dans une armée où il avoit été si pou i^uivi jusqu'alors, mais qu'il assuroit bien que si le roi daignoit lui confier de nouveau le commandement
1. Gisors à Bellc-Isle, 2G octobre [344:2]. — 3 novcDiljre [3441, ii« 3i].