L'ARMÉE DE THURINGE
de Tarmée l'année prochaine, les choses se passeroient avec plus de règle... M, le maréchal évacue demain Halberstadt et tous les autres postes en avant pour faire entrer les troupes dans leurs quartiers, supposé néanmoins que les nouveaux mouvements du roi de Prusse vis-à-vis M. le prince de Soubise ne Tobligent à se rassembler pour se porter h son secours*... » Au dernier feuillet de cette lettre, datée du 5 novembre, on lit ce post-scriptum^ du 6, à neuf heures du soir : « M. le maréchal reçoit à l'instant même la triste nouvelle d'une bataille donnée et perdue en Thuringe... »
Une armée mi-partie de Français et d'Allemands, la partie allemande n'étant elle-même qu'une mosaïque informe, un général allemand et un général français, le premier commandant en chef et imposant ses volontés à l'autre, c'était la combinaison la plus funeste qu'il eût été possible d'imaginer. L'idée en était venue de Vienne, mais elle avait été acceptée à Versailles. Saisie par Paris Duverney, elle était devenue l'un des éléments de l'intrigue par laquelle il avait substitué au comte d'Estrées le duc de Richelieu. Aussi le maréchal de Belle-Isle y était-il absolument étranger. « Vous n'ignorez pas, je crois, écrivait-il à l'un des officiers généraux du corps de M. de Soubise, que c'est à mon insu que cette jonction avec l'armée de l'Empire a été projetée et enfour-