‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 250 sur 422 · LE PRINCE DE SODBISE · texte numérisé non relu

LE PRINCE DE SODBISE

née. Je me suis élevé contre avec toute la force et la vivacité que vous me connoissez, dès que j'en ai été informé... Je suis occupé à dissoudre cette communauté, et je demande pour cela que Ton grossisse votre corps de vingt bataillons et de vingt-cinq ou trente escadrons, que M. de Soubis<i soit indépendant du général autrichien et agisse seulement dans le concert nécessaire pour les opérations*. » C'était le 26 septembre que le maréchal de Belle-Isle s'expliquait ainsi. Des trois conditions qu'il réclamait pour le corps de M. de Soubise, il n'en obtint qu'une, le renfort; encore fallutil user d'autorité pour arracher au maréchal de Richelieu le détachement que le duc de Broglie conduisit de l'armée de Hanovre à l'armée de Thuringe. La communauté entre Français et Allemands ne fut point dissoute, et Charles de Rohan, prince de Soubise, demeura, quoi qu'il pût faire, sous les ordres de Joseph- Frédéric, duc de Saxe, prince de llildburghausen.

Le prince de Soubise est Tun des hommes que l'opinion de son temps et l'histoire ont le plus maltrahés. Cette extrême sévérité n'est pas juste, tjuand on lit sa correspondance militaire, fréquente, étendue, toute de sa main, on y trouve la marque d'un esprit sensé, honnête, exact, attentif à ses devoirs ; cependant il est vrai qu'il n'eut pas un assez grand mérite pour se faire pardonner, en g'élevant au-dessus d'elle, la faveur de madame de Pompadour. Tel quel, il avait pour lui Testimc et l'amitié sincère du maréchal de Belle-lsle. Sans aucun doute, il était supérieur au prince de Hildburghauseu ; mais il n'était que le premier de ses lieutenants et

1. Belle-l«lc au marquis de Culriet, 2Ci septembro 17S7 [3440].

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