AU MARECHAL DR BELLE- ISLE
je ne pourvois pas par mes soins remplir mi peu le vide de la solitude dans laquelle vous vous trouveriez. Les réflexions qui raccompagnent me tirent les larmes des yeux et me font désirer ardemment la paix qui me rendra entièrement à vous, dans quelque position que vous soyez. Plusieurs fois vous m'avez parlé des projets que vous aviez de me faire entrer alors dans une autre carrière * ; ce que je souffre absent de vous m'y fait totalement renoncer. Vous voir couronné de gloire et être à vos pieds est tout ce que j'ambitionne, mon cher père'... » Dans cette lettre, il n'y a qu'un seul trait, Frédéric tremblant devant le maréchal de Belle-Isle, qui puisse exciter le sourire. Respectons au moins le sentiment qui l'a dicté ; sans doute c'est un excès de la passion filiale, mais, dans une âme comme celle*ci, un généreux emportement n'a rien de ridicule.
Le 12 novembre le régiment de Champagne arrivait à Zell ; bons logis, bonnes gens, vivres à bon compte, service doux, tout y était à souhait. Trois jours après, il en fallut partir. Les Hanovriens étaient décidément intraitables; le général Zastrow, qui les commandait, ne voulait rien entendre, a Plût à Dieu, s'écriait M. de Ttisors, que nous puissions un peu laver dans le sang de ces gens-là l'affront de l'armée de Soubise ! . . . Cette