‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 262 sur 422 · CHAGRIN DE M. DE CRÉMILLE · texte numérisé non relu

CHAGRIN DE M. DE CRÉMILLE

malheureuse bataille et ce malheureux séjour à Halberstadt sont deux terribles fautes qui préviennent bien contre les chefs*. » Malheureusement il était fort à craindre qu'une marche en hiver, dans un pays noyé, contre un ennemi retranché, abrité derrière des marécages, ne fût pas seulement inutile ; les troupes pouvaient en souffrir infiniment plus que d'une action meurtrière. C'était Topinion de M. de Maillebois et de M. de Crémille : « Nos représentations de toute espèce sur le mouvement projeté et particulièrement sur l'état actuel de nos misérables troupes ont toutes échoué, mandait celui-ci à Duverney. Obtenez, je vous en conjure, obtenez que je m'en retourne incessamment; ma présence est maintenant totalement inutile ici, et j'y péris de douleur et de désespoir. Peut-il y avoir aujourd'hui aucune apparence de pouvoir faire un plan de campagne pour l'année prochaine? Pour moi, je me borne à souhaiter qu'il reste une armée au roi ; mais si les circonstances ne nous favorisent pas au delà de mes espérances, j'ai bien plus lieu de craindre un délabrement: presque général de la plus belle et de la seule armée que nous ayons. C'est dans votre sein seul que j'ose déposer ici le chagrin qui m'accable*... »

Le maréchal s'était entêté à pousser sur Lunebourg, de Zell et de Gifhorn, une quarantaine de bataillons et un nombre d'escadrons à peu près égal. Le régiment de Champagne faisait partie de la colonne de (îifhorn. On vit ce qu'un corps bien commandé, bien conduit, sous un chef sympathique, était capable de faire. Il y

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