Gisors à Belle-lsle, 12 novembre
?. 16 novembre. Correspondance Duvemey-Crémille, n» 70.
MARCHE SUR l.UNEBOURG. 323
avait dix lieues de boue entre Zell et (lifhorn ; la marche commencée à sept heures du matin ne finit qu*à sept heures du soir ; mais M. de (îisors avait su enlever son monde. <( Tous ont chanté le long de la route, disait-il; les malingres, que j'ai laissés à Zell, pleuroient d'y demeurer, et, malgré Tordre que j'avois de ne mener que 400 hommes par bataillon, il m'a été impossible d'en amener moms de 480, parce que ceux qui se portoient bien se seroient crus déshonorés de rester et auroient sûrement déserté pour nous joindre. . . Si ces Hanovriens nous attendent, j'espère que nous vous en rendrons bon compte, d'après ce que nous nous sommes promis les uns aux autres... Les pieds nous démangent de venger l'affront de nos camarades*... »
Les étapes suivantes furent de huit lieues en moyenne ; on marchait un jour, on se reposait l'autre. Les gttes étaient de misér8d)les petits villages dont les cabanes avaient l'air de se fuir, tant elles étaient dispersées; d'une compagnie à la prochaine, il y avait parfois une demi-Heue de distance. Enfin, le 22 novembre, ils arrivèrent à Lunebourg. M. de Gisors était ravi de voir à la tête de sa colonne le comte de Laval, un des officiers généraux qui lui inspiraient et qui lui marquaient le plus de confiance, esprit pratique et caractère décidé. « D'autres, disait-il , combinent , raisonnent, calculent, critiquent et sont toujours enrayés par leurs profonds raisonnements. Moi qui ai voulu aussi hier faire le raisonneur, j'ai très-mal raisonné en avançant que Lunebourg étoit une place où il falloit mettre une nombreuse garnison ; elle est dominée de