ET A PARIS DUVERNEY
à la Cour l'état effrayant des choses dans toute leur étendue; mais, monsieur, j'en ai tant appris et peutêtre déjà tant vu, depuis que je suis à portée de cette armée-ci, que je ne saurois porter mes vues sur l'avenir sans être pénétré de douleur et d'effroi. Vous êtes le seul àqm' j'en aie tant dit; mais je sais à qui je parle, vous connoissez mon caractère de vérité, et j'ose dire que je ne m'effraye pas plutôt qu'un autre à l'aspect des abus et du désordre : il est temps d'apporter à un mal qui est à son comble d'autres remèdes que les palliatifs qu'on a pu employer jusqu'ici et qui pour la plupart n'ont fait que l'aggraver et le rendre incurable tant que la guerre durera... Je n'ai vu et ne vois ici que des choses qui m'accablent, et je me trouve encore plus malheureux d'en a vt)ir été le témoin * . »
Le 25 novembre, le comte de Gisors mandait à la hâte à son père : « M. de Laval vient d'arriver avec l'ordre de nous porter sur-le-champ en avant sur Winsen, parce que, d'après tout ce qu'il a dit de nous à M. le maréchal, il nous fait l'honneur de nous pousser à l'avancée. Nous avons le général que nous désirions, nous avons notre ancienne réputation à soutenir, nos ennemis françois^ à humilier, l'honneur de la nation à venger : je vous réponds que partout où nous chargerons, nous ferons trouée'. » Winsen était à mi-distance de Lunebourg à Harbourg, près du point où la petite rivière d'Ilmenau se jette dans l'Elbe. Au confluent même, se trouvait le fortin d'Oberschantz où le commandant de Harbourg avait envoyé un détachement qui ne pouvait