‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 274 sur 422 · Gisora à Belle-Isle, 22 décembre · texte numérisé non relu

Gisora à Belle-Isle, 22 décembre

a.'^fi INQUIÉTUDE DE M. DE OISORS.

tombait; le nombre des malades augmentait dans de telles proportions que ni les hôpitaux ni les infirmeries des régimenU n'y pouvaient plus suffire ; les mieux portants auredent été incapables de soutenir une longue fatigue. Dans de telles conditions, tenir ferme devant le prince Ferdinand, et s'il osait venir à l'attaque, accepter une bataille défensive, c'était le seul parti raisonnable ; mais se mettre une rivière à dos pour l'aller chercher sur son propre terrain, c'était tout livrer au hasard. « M. de Crémille, avec qui je me suis entretenu hier pendant deux heures, a le cœur vraiment déchiré de tout ce qu'il voit ici, écrivait M. de Gisors à son père. Notre général ne connott aucun obstacle à ses fantaisies, ne les soumet au jugement de personne, n'en prévoit pas les suites, et quand dans l'exécution il se trouve arrêté ou embarrassé, il rend ceux qu'il consulte alors responsables des palliatifs qu'ils tâchent d'apporter à une besogne mal enfournée. D'un autre côté, mon cher père, permettez-moi de vous le dire, la Cour, qui, sur ses états, nous voit toujours le fonds de 150,000 hommes, devroit se persuader qu'ayant tout dégarni, hors la Hesse , nous ne rassemblons icL tout au plus que 40,000 hommes effectifs, et songer que la politique ne pourra jamais tirer d'une bataille que nous gagnerions au delà de l'Aller sur les Hanovriens un avantage pareil à la perte qui résulteroit de la défaite des seules troupes qui restent au roi à deux cents lieues de la France*. »

Cependant le maréchal de Richelieu avait sa résolution prise. De concert avec M. de Maillebois, il avait

Page 1