PROJET ET MÉCOMPTE
à Mttden et manœuvrer de même sur l'autre flanc de Tennemi. Les six colonnes intermédiaires devaient jeter des ponts immédiatement au-dessus et au-dessous de Zell et porter leur principal effort contre la gauche du prince Ferdinand. « Voilà en gros, mandait M. de Gisors, quel est le projet qui, comme vous voyez, demande bien de la précision, de la sagesse et de la justesse dans le coup d'œil des chefs des différentes attaques*. » La machine, en effet, était trop délicate ; dès qu'elle fut mise en branle, elle se dérangea.
Le duc de Broglie, en arrivant à Rethem, devait recevoir de M. de Bauffremont, qui commandait à Verden, des troupes, de l'artillerie, des cartouches ; il ne trouva rien de prêt *. « Vous pouvez juger de ma colère ou, pour mieux dire, de mon accablement, écrivait le maréchal de Richelieu au ministre de la guerre ; car je croyois avoir pris toutes les précautions imaginables , que j'avois d'autant plus multipliées de ce côté-là que je m'en mélîois davantage. J'avois écrit à M. de Bauffremont que je prenois sur moi tous les inconvénients que sa tête féconde en embarras lui présente à tout propos, et que je lui défendois, sous quelque prétexte que ce pût être, de disposer d'un seul homme sans mon ordre. Vous voyez cependant l'éparpillement qu'il en a fait, sans savoir même où il les a envoyés. . . Il a pris sur lui de faire venir avec lui les caisses de cartouches que j'avois ordonné qui restassent à Rethem, et ne veut plus prendre sur lui, dit-il, de les envoyer avec M. de Broglie, à qui j'ai ordonné de les prendre... 11 m'est im-