MARCHE DE ZELL A OSNABRUCK
délit, devaient être passés par les armes. Un vol commis à Hoya réduisit le comte de Gisors à faire, en arrivant à Osnabruck, un exemple de ce genre. Il fut salutaire. Les soldats de Champagne savaient qu'ils avaient un chef en même temps ferme sur la discipline et attentif à leurs besoins. Son premier soin à Osnabruck fut de leur procurer des chemises, des habits, des chaussures *.
La marche, depuis Zell, avait duré huit jours, le colonel à pied comme tout le monde, à travers la neige. Le paysage d'abord était d'une tristesse infinie : un ciel gris et bas sur une plaine uniformément blanche ; les marais eux-mêmes avaient disparu ; les rivières glacées ne se marquaient que par une dépression plus ou moins large et profonde ; au delà du Weser seulement, quelques collines commencèrent à s'élever au dessus de l'horizon monotone. C'était à Hoya que M. de Gisors avait inauguré l'année 1738 : « Tous les jours précédents, pendant que vous étiez chaudement dans votre appartement, écrivait-il à son père, je faisois quatre ou cinq lieues à pied, souvent dans la neige jusqu'au genous aujourd'hui, tandis que vous courez de porte en porte, je me tiens chaudement dans mon poêle', ^i profite de mon séjour ici pour vous tranquilliser. Peut-être, si on pouvoit voir le pays, aurois-je encore la rage de me promener, mais la neige répandue partout rend tout uniforme à la vue. Ce que la neige fait aux yeux, Téloignement de vous le fait à mon cœur; tout est égal pour moi, loin de vous'. »
Le maréchal de Richelieu avait déclaré qu'il ne don-