‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 282 sur 422 · M. DE OISORS DONNE DES BALS · texte numérisé non relu

M. DE OISORS DONNE DES BALS

nements qui vraisemblablement n'ont pas le sens commun ; je n'en hasarde aucun dans la crainte de me tromper. Nos colonels sont un peu plus tristes qu'ils n'étoient et n'osent même plus parler de ce charmant courrier qui devoit arriver le 18. Ils vont, en attendant, jouer la comédie. Mercredi, MM. de Fronsac, Chimay, d'Ayen, etc..., jouent la Métromanie; c'est se chatouiller pour se faire rire * . »

En attendant, de son côté, M. de Gisors donnait le bal aux dames d'Osnabruck. ce Depuis dix ans on n'y avoit dansé, écrivait-il à son père ; on n'y connoissoit pour tout plaisir que de jouer constamment au quadrille, au piquet ou à trecette, depuis cinq jusqu'à huit heures du soir. Les premiers jours de mon arrivée, à peine les demoiselles osoient-elles hasarder un mot de françois ; j'ai parlé allemand, toutes parlent françois à l'heure qu'il est. Gonnoissant la répugnance des mères pour la danse et la timidité des filles dont aucune n'a appris à danser, d'abord j'ai donné des sérénades ; sous prétexte que nos musiciens avoient froid dans la rue, je les ai fait monter sur l'escalier; de l'escalier à la chambre il y a bien près ; quand les violons ont été une fois entrés, je n'ai plus rien ménagé. Les mères que j'ai eu grand soin de fêter, après avoir dansé de graves menuets, ont permis des contredanses. D'abord nos demoiselles ont sautillé de fort mauvaise grâce, n'osant lever les yeux ; insensiblement cela s'est échauffé ; le plaisir est un bon maître; avant neuf heures du soir toutes dansoient à ravir et commençoient à regarder leurs cavaliers.

I. Chevalier de Puysdgur à Gisors, 15 janvier 17 08 [3500, n* 53].

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