EXTORSIONS ET PILLAGE
recevoir, personne n'ignore toutes vos libéralités. Il ne tient donc qu'à vous, monsieur, de faire observer la discipline la plus exacte. Vous me permettrez de vous parler ici comme je ferois à mon tils; il y a longtemps que vous savez que je vous n^garde et vous aime de môme. Il ne suffit pab de ne rien prendre, il est également du devoir du chef d'empêcher que les autres ne prennent, et il ne doit y avoir sur cette matière aucune exception quelconque. Quand les exhortations sont sans effet, il faut nécessairement punir ceux qni contreviennent aux défenses, quels qu'ils puissent être*. »
Trois jours après le maréchal de Belle-Isle répondait anx lettres intimes, si éloquentes et si généreuses, que lui avait écrites le comte de Gisors^. Après avoir repris et noté toutes les fautes commises par le maréchal de Richelieu, M. de IJelle-lsle ajoutait : a Je pense que si le général de Tarmée avoit fait observer la plus exacte discipline, qu'il eût commencé par donner l'exemple de "ne point imposer de sauvegardes, en dehors de celles qui sont hbrement demandées et pour le nombre de jours seulement que les particuliers les demandent, qu'elles ne fussent payées qu'à un louis (car voilà la règle), qu'il n'eût été rien exigé ni fourni, de quelque espèce que ce puisse être, dans la maison du général, et que qui que ce soit des eutours, officiers ou domestiques, n'eût rien exigé ni reçu, alors il eût été le maître et bien en droit de défendre et d'empêcher qu'aucun officier général sans exception eût pris ni reçu un chou ni une botte de foin, et de même sur tous les autres of-