‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 294 sur 422 · OBSERVATIONS DE DUVERNET · texte numérisé non relu

OBSERVATIONS DE DUVERNET

novre, M. de Comillon, effrayé de TindifféreDce où étaient tombés, quant à la discipline, un trop grand nombre d'officiers subalternes, avait envové au ministre de la gueri'e un Mémoire dans lequel il proposait, assez ▼agilement d'ailleurs, de changer « la constitution militaire 1» en attachant Tofficier à son état « par Tintérét » , le seul principe, disait-il, qui fût désormais capable de le faire agir. « Est-ce à dire, s'écriait Duvemey indigné, que rhonneur, ce sentiment qui a jusqu'à présent distingué la nation françoise, est absolument éteint dans le cœur de l'officier? Si cela est, il faut effectivement changer notre constitution militaire et substituer la crainte à l'honneur. Ce dernier sentiment est l'ftme de toutes les monarchies modérées, et le premier l'est de de toutes les monarchies despotiques; c'est d'après ce principe que le roi de Prusse tire un parti si utile et si brillant des troupes qu'il tient dans l'esclavage le plus dur ; ce n'est pas par honneiu* qu'elles combattent, c'est par une crainte servile , et il seroit peut-être plus aisé d'introduire cette crainte dans notre militaire que d'en changer la constitution, ilais est-il possible de penser que l'honneur n'anime plus l'officier françois? Le dé* faut de subordination et de discipline ne provient-il pas plutôt de la foiblesse du commandement , de la négligence ou de rignorance des règles, de l'exemple des uns et de la complaisance des autres, que de l'anéantissement du sentiment d'honneur?... Pourquoi donc rejeter sur la nation ce qui n'est que la faute de quelques particuliers ? Est-ce pour la première fois qu'en lui rendant justice sur tout cf* qu'elle vaut, on a dit qu'elle avoit plu> de besoin qu'une autre d'être bien conduite? Ce seroit donc à la bien conduire qu'il fau-

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