‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 295 sur 422 · SUR L'ARMÉE FRANÇAISE · texte numérisé non relu

SUR L'ARMÉE FRANÇAISE

droit s'attacher, et alors on la retrouveroit telle qu'elle ost et qu'elle a toujours été... M. de Comillon veut qu'on attache Tofficier à son état par rintérêt : il faudroit qu'il s'expliquât sur le taux de cet intérêt, car l'intérêt sans honneur est un sentiment insatiable qui s'accroît h mesure qu'on veut le satisfaire... Il faut donc im autr(î remède et il est bien simple : c'est l'honneur dans les officiers généraux et une détermination ferme de leur part de bannir des troupes tout ce qui seroit capable de manquer à ce sentiment * . d

« La discipline, a\ait-il déjà dit ailleurs, consiste peut-être beaucoup plus dans l'exemple que dans la rigueur des préceptes. Nos officiers généraux ont plus de train et consomment par conséquent davantage que les officiers généraux des autres nations. Non-seulement ils veulent avoir le nécessaire, mais encore tout le superflu du luxe. Il n'est pas possible que ce goût n^influe sur toute l'armée. Réformez la manière de penser et de vivre dans les chefs, et vous verrez le subalterne changer lui-même. La plupart des officiers aujourd'hui ne sont occupés que de leur équipage et du traitement qu'on leur fera; ceux qui dispensent les grâces sont occupés, de leur côté, de ce qu'on appeUe plaire aux troupes, de sorte que du besoin des uns et de la complaisance des autres naissent presque tous les abus que nous voyons... On nous cite M. de Louvois sur bien des choses et effectivement c'étoit un grand ministre; mais il faut convenir aussi qu'il est arrivé dans des circonstances qui étoient bien propres au déve-

I. 0|>s(r\alioiis de M. Paris DuTeraey, yd décembre 17&7 [3446,

n' losj.

Page 1