‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 298 sur 422 · ET DU COMTE DE SAINT-GERMAIN · texte numérisé non relu

ET DU COMTE DE SAINT-GERMAIN

inutiles, ou enfin, parce qu'un trop grand nombre, sans vocation généreuse, il faut bien le reconnaître, n'endossaient runiforme que pour Tuniforme d'abord, puis pour effacer leur roture, gagner la noblesse, attendre la croix de Saint-Louis et tout de suite demander leur retraite. « De jeunes gens, écrivait rudement le comte [ de Saint-Germain, de jeunes gens, la plupail avec des mœurs de grisette, rappelleront-ils dans le militaire les sentiments d'honneur et de fermeté qui font la force des armées? Ignorance, frivolité, négligence, pusillanimité, sont substituées aux vertus mâles et héroï- i ques... Il se trouve, en outre, que Toflicier n'a point d'objet d'émulation ; ainsi rien ne l'attache à son état; il ne donne pas de quoi vivre et n'ouvre pas la porte à l'ambition... L'officier qui ne peut pas se tirer du pair n'a point d'autre perspective que d'obtenir sa retraite; c'est là sur quoi il fonde son bonheur. Dès qu'il est décoré de la croix de Saint-Louis, il force son colonet, par sa mauvaise conduite, à solliciter sa retraite, et il l'obtient aussi favorable après quinze ans de végétation scandaleuse que s'il eût servi avec zèle pendant quarante ans. On ne peut exprimer le mauvais esprit qu'inspirent dans les troupes les officiers qui cherchent leur retraite, et le tort qu'ils font au service du roi. Ils sont les apôtres de l'indiscipUne, ils laissent périr leurs trou- I pes et ne sont occupés qu'à les pressurer. Cependant le nombre en est immense \ »

C'était, selon M. de Gisors et M. de Saint-Germain, la

1 . Mémoire du comte de Saint-Germain adressé à Duvemey, 5 décembre 1757. — Autre mémoire adressé au ministre de la guerre et communiqué à Duverney, avec une lettre du 20 janvier 1768. — Correspondance (imprimée) du comte dti Saint -Germain avec Paris Duverney. Londres, 1789, 1. 1, p. 171 et 19<i.

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