‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 299 sur 422 · OPINION DE M. DE GISORS · texte numérisé non relu

OPINION DE M. DE GISORS

pauvre noble^^e de province qui était la vraie pépinière où l'armée devait preudre ses jeunes officiers ; mais il était d'absolue nécessité que TÉtat leur assurât une solde suffisante et leur ouvtU, suivant leur mérite, Taccès aux premiers grades. A ces deux conditions, disait M. de Gisors, a on craindroit de perdre un emploi qui honoreroit et qui donneroit de quoi \ivre, au lieu qu'à présent, pour oui et pour non^ un officier a sa démission à la main... Tout homme de condition, content de son grade subalterne, vivroit dans Tespérance de mériter mi régiment par sa façon de servir et ne se croiroit pas déshonoré s'il ne Femportoit pas sur deux cents concurrents qui se pivsenteroient à chaque vacance. » On ne fera ici qu'une remarque incidente : comment deux hommes d'un esprit aussi juste et d'un caractère aussi loyal que le comte de Saint-Germain et le comte de Gisors ne voyaient-ils pas qu'une fois l'officier rassuré, conmie ils le demaudaieûl, pour son présent et pour son avenir, la condition de la naissance, même avec l'inlluence in contestable des traditions de famille, n'était plus d'une valeur aussi importante dans la discussion du problème, et que dès lors la bourgeoisie pour sa part, et la noblesse de province pour la sienne, pouvaient également fournir des officiers à Tarmée française ?

En améliorant la condition des capitaines, le comte de Saint-Germain leur enlevait absolument la propriété de leurs compagnies. C'était un changement radical dans la constitution militaire; aussi Duvemey, qui redoutait un surcroit de dépenses pour les finances du roi, s'y opposait-il de tout son pouvoir. Cependant les raisons de M. de Saint-Germain, au nom du bon ordre et de la discipline, étaient sérieuses et fortes. Un soldat

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