‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 300 sur 422 · ET DU COMTE DE SAINT-GKRMAIN · texte numérisé non relu

ET DU COMTE DE SAINT-GKRMAIN

de recrue, au compte et aux frais du capitaine, c'était un quarantième de son bien; pour le conserver, il lui passait toutes ?es fantaisies, il lui pardonnait tout. Ce ijue ne punissait pas le capitaine, le lieutenant prendrait-il sur lui de le punir? « Ce seroit, disait M. de Saint-dermain, couper un arbre fruitier dans la métairie du capitaine. » Aucun officier n'osait dire un mot aux soldats d'une autre troupe, quelque désordre qu'il leur vît commettre. En serait-il de même si le soldat, cessant d'être l'homme du capitaine, n'était plus que le soldat du roi? Évidemment le service y gagnerait et l'armée ne ferait plus une aussi grande consommation d'hommes par l'indiscipline.

Enfin, l'avis commun du comte de Saint-Germain et du comte de Gisors était de réduire le nombre des régiments, en les composant de quatre bataillons, de trois au moins, l'un desquels demeurerait en garnison pour faire l'instruction des recrues. Une bonne infanterie devait, selon M. de Saint-Germain, compter toujours deux tiers d'anciens soldats pour un tiers de nouveaux ; hors de cette proportion, point de solidité.

Mais avant tout, il était nécessaire d'améliorer la condition du soldat, de le tirer et de le sauver pour l'avenir d'une misère à faire saigner le cœur. On demandait moins d'officiers pour exiger d'eux davantage; de même, si la dépense était trop lourde, moins de soldats pour les avoir meilleurs. « On a cru pouvoir réparer par la quantité le défaut de la qualité, et l'on s'est trompé, disait le comte de Saint-Germain. M. de Turenne ne vouloit que de petites armées; mais elles étoient bonnes, bien aguerries et conduites par de l)ons généraux et de bons officiers. »

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