AU COMTE DE CLERMONT
mente la sienne dans des proportions inaccoutumées. Non content des pièces de fort calibre qu'il menait habituellement à la tête de ses colonnes , il avait doublé le nombre des petites pièces régimentaires, en le portant de deux à quatre par bataillon. « Il n'y a point de troupe, disait le maréchal, qui puisse tenir sous un feu aussi formidable , si on n'en a pas qui puisse répondre à proportion. » Sans doute l'équipage de campagne du corps royal devait être en état de rendre d'excellents services, mais il n'en était pas de même de l'artillerie légère, puisqu'il y avait des bataillons d'infanterie qui en étaient totalement dépourvus et qu'on ne comptait qu'une seule pièce pour chacun des autres. Le maréchal pressait le prince d'en exiger au moins deux par bataillon, et il ajoutait : « Il n'est pas naturel que notre infanterie puisse combattre contre l'infanterie prussienne avec une disproportion de plus de moitié. Cet objet est de la plus grande conséquence ^ d
Comme le maréchal de Belle-Isle, Paris Duveruey avait composé pour le prince un long mémoire sur la discipline. Il n'y avait, dans un si vieux sujet, selon lui, point de nouveautés à introduire; l'ordonnance de 1733, sur le service en campagne, r^ondait à toutes les exigences ; il ne s'agissait que d'en assurer l'observation rigoureuse en y ramenant l'esprit de l'armée. « L'honneur, cette idole de la nation françoise, pourroit y être employé avec succès, disait-il, et qui peut mieux qu'un prince du sang royal en rappeler le sentiment? Cependant s'il étoit possible que ce ressort, si actif autrefois,
1. Agenda pour Son Altewe Sérdnisslme, 19 JaoYicr 1158. Papiers de Clormont, 1758, t. I, n** 1.