ÉTAT DE I/ARMÉE
blesse, le ministre de la guerre l'avait autorisé à partir. Le comte de >Iaillebois n'était plus à la tt^te de l'état major général; en apprenant la disgrâce de son chef, il s'était démis de ses fonctions. M. de Crémille, que la cour avait désigné pour les remplir, n'était plus en état d'en supporter les incessantes fatigues; le titre de maréchal général des logis, avec le détail de l'état-major, fut donné par le comte de Clermont au marquis de Monteynard, et M. de Crémille resta le principal conseiller du prince. L'administration de l'armée avait également changé de chef; dès la fin de l'année 17S7, M. de Lucé avait été remplacé comme intendant par M. Gayot, commissaire ordonnateur à Strasbourg et protégé de Paris Duverney.
Le premier soin du comte de Clermont avait dû être de se faire présenter l'état des troupes dont il venait prendre le commandement. Suivant les dispositions du quartier d'hiver, cent vingt-neuf bataillons, sans compter les troupes légères, et cent cinquante escadrons étaient à ses ordres. Voici quelle était, au 1*^ février, la situation de l'infanterie : officiers et soldats présents, 62,360; en congé, 2,607; aux hôpitaux, 14,102'. Le nombre des malades, près d'un cinquième de l'effectif, était d'autant plus inquiétant que les chances d(î mortalité, dans des hôpitaux malsains et mal tenus, étaient plus considérables. La première visite du prince avait été pour eux; il en était revenu pénétré d'horreur
1. Papiers de Clermont, 1758, 1. 1, n®* G3-C4. — Les perles de la campagne de 1757 se détaillaient ainsi : morts aux hôpitaux, 0,210; déserteurs, 3,051 ; prisonniers, 2,389 ; à quoi il faut ajouter par approximation 3,000 hommes pour le chiffre des tués à Tcnnemi. Ce détail n'est que pour l'infanterie ; celui de la eavalerie manque.