LE MARÉCHAL DE BELLE-ISLE
même jour, le roi écrivant de sa propre main au comte de Clermont, se contentait de lui annoncer, sans aucune mention de M. de Crémille, qu'il avait chargé par intérim le maréchal de tout le détail de la gueire. « Ainsi, ajoutait le roi, ce sera à lui à qui vous aurez à vous adresser dorénavant, et ce jusqu'à ce que je vous Taie dit ou mandé autrement*. )> Deux jours après, il n'était plus question d'intérim, le maréchal était définitivement ministre de la guerre, et s'il attendait M. de Crémille, c'était seulement pour être aidé. « Il voudroît bien avoir Crémille, écrivait au comte de Clermont madame de Pompadour, mais ne vous est-il pas très-nécessaire? Montazet, de Vault travailleront en attendant que vous puissiez vous en passer. Duvèrney, Montmartel sont fort contents de cet arrangement; vous voilà donc assuré de votre argent et de vos subsistances ; vous l'êtes aussi de la prompte expédition et des détails militaires avec le maréchal; j'espore donc que tout va aller à merveille. » Puis, en post-scriptum : « Depuis ma lettre écrite, monseigneur, le sort de Crémille est décidé, M. le maréchal en a absolument besoin et a pris l'ordre du roi pour le faire venir sur-le-champ. M. de Paulmy aidera le maréchal jusqu'à son arrivée. Il est en effet impossible qu'il soit chargé d'un travail aussi énorme^. »
Ce travail était celui du détail administratif auquel le maréchal avait déclaré qu'il ne pouvait ni ne devait vaquer, estimant au-dessous de la dignité d'un duc, pair et maréchal de France, le titre et les fonctions expresses