LE COMTE DE CLERMONT
tien, toute amitié, toute petite considéraUoD , pour y substituer grâces et récompenses bien j)lacées, emplois bien distribués, accueil de la part du maître pour ceux qui font bien, et punition et mécontentement marqué pour ceux qui font mal. Vous pouvez voir combieu les beaux seigneurs s'éloignent du ser>ice quand ils craignent un général qui les fera ser\ir; cela les rend uue très-petite perte pour TÉtat et nous y gagnerions, si Ton vouloit bien regarder nos vrais militaires, non pas comme aussi gentils dans la société que ces messieurs, mais comme des gens qu il faut considérer par Futilité dont ils sont au roi et à TÉtat'. » C'était certainement à Chevert qu'il pensait; malheureusement Chevert, gravement malade, était hors d'état, et pour longtemps peut-être, de rejoindre l'armée. ,
Quant à ce M. de Mortaigne qu'on lui envoyait, voici ce que le prince avait commencé par écrire à son sujet au maréchal de Belle-lsle : « 11 y a longtemps que j'entends dire qu'il est avantageux et despotique ; si cela est, il aura de la peine à réussir auprès de moi, car je n'aime point ces sortes de gens-là. Malgré ce que je vous en mande, ne croyez pas que je le prenne en grippe d'avance; je ne juge les hommes que sur ce que je vois et non sur les ouï-dire, et je leur accorde mon amitié et ma confiance selon qu'ils les recherchent. Ainsi croyez plutôt que je suis bien porté pour M. de Mortiiigne sur tout ce que vous m'en dites, parce que j'ai en vous la plus grande confiance. Vous voyez que je vous parle comme à mon ami et avec franchise... Jamais, non-seulement moi, mais tel général que ce