MAUVAISE CONDUITE DE L'ARTILLERIE
charger l'ennemi, il y auroit fait à meiTeille, d'autant que c'est un homme très-brave. Ainsi chaque esprit, chaque talent trouve sa place dans notre métier; il n'y a que les bétes, les méchants et les épilogueurs qui soient nuisibles à tout et propres à rien*. » Ceux des officiers de Miuden qui avaient osé reparaître en France furent reiivciyés avec honte à leurs troupes ; les plus compromis furent cassés et mis en prison; M. de Morangiès cessa de servir.
Parmi tant d'actes regrettables, l'attention du mai'échal avait été spécialement attirée sur certains faits relatifs à Tartillerie. A Ilamelen, on avait abandonné les pontons de l'armée pour emmener les équipages des of liciers et Ton y avait employé quatre cents chevaux ^ ; à Lippstadt on avait abandonné le principal trophée de la bataille de Hastenbeck, les dix pièces qui armaient la grande redoute enlevée par le régiment de Champagne ; M. de Gisors ne pouvait s'en consoler : « Tout le monde disait-il, ne devroit-il pas offrir ses chevaux en pareil cas? Si j'avois été à la tête d'un régiment de cavalerie, j'aurois offert mes chevaux pour les tirer, mes cavaliers pour les escorter^. » Malheureusement sa colonne n'était point passée par Lippstadt. Les faits signalés par le ministre se trouvèrent encore aggravés par les rapports du prince. Il était urgent de pourvoir au désordre qui menaçait de ruiner les armes spéciales réunies ou plutôt confondues, a Le hochepot que l'on a fait du corps de l'artillerie avec celui du génie a tout gâté , disait le
1. Au maréchal de Belle-lde, 9 avril. Pap. QermoDi, t758, t. Ul, ja9 8.
2. Belle-IsleàQermool, 6 aTril. Pap. Clermont, 1758, t. Il, n9 \hi.