BelIe-lsIe à Clermont, 17 avril [3474 «• t9S
2. Le boebêpot doui se plaigoaii le maréchal de BeUe-lale élail Tœuvrc du coiute d'Argenson. — Sur ce sujet, le maréchal écrivait ausnf à Duverney, le 3 juin : « Ce mélnnge monstrueux eût, s*il eQt duré, anéanti le^ ingénieurs en France dans peu d'années; c'est ce qmï Ikit que je n'ai pas perdu un momest i Taire cewer ce anl» U y aura encore bien à faire pour mettre en régie le corps d'artilleri«^ tm iMlaillons d'artillerie, les école» et not manufiMturvs. Vews tam par vous-môme dans quel désordre affk'eax est cette deraiève partie. »
RÉCLAMS DES SOINS. 419
à son père : a Nous sommes arrivés à midi dans Crefeld qui est la ville la plus délicieusement bâtie que j'aie encore vue, remplie d'habitants honnêtes, d'ouvriers de toute espèce, et où les vivres en général ne seront pas chers. La maison que j'occupe, bâtie par le plus riche négociant du pays, est un palais enchanté dont les tableaux, les marbres et les meubles surprennent fort mes yeux accoutumés depuis trois semaines aux infâmes chaumières de Westphalie. Je suis logé aussi bien qu'à Paris, mais comme ce que je chéris à Paris n'est pas dans Crefeld, quatre heures après mon arrivée, j'ai éprouvé une joie bien vive en recevant un passe-port accompagné d'une lettre du secrétaire de M. le comte de Clermont. Il faut toute ma raison pour m'empêcher d'en profiter sur l'heure, tant je suis impatient de vous rejoindre ; mais peut-être m'auriez-vous blâmé de revenir si tîte, actuellement que vous êtes ministre de la guerre *. p Le maréchal de Belle-Isle approuva l'hésitation du" comte de Gisors. et Le fils du ministre de la guerre doit donner l'exemple aux autres, » disait-il , et il pria le comte de Clermont d'autoriser de nouveau et de justifier exceptionnellement son départ aux yeux du public en le chargeant d'une mission particulière, « au moyen de quoi, ajoutait le maréchal, sa venue ici ne fera planche pour personne ^. »
2. Belle-lsle à aennont, 6 ftyril. Pap. Clermont, 1758, t. II, n» 151.
4Î^» MCTATIOXS DAXS L'ARMÉE.
Au moment où le comte de Gisors rejoignait son père, une nouvelle difficulté venait de surgir entre le gouvememtnt et le comte de Clermont. Madame de Pompadour n'avait rien exagéré de l'émotion soulevée dans la cour impériale par la retraite de Tannée française. Chaque étape en arrière valait un assaut de reproches à l'ambassadeur de France à Vienne et au ministre des affaires étrangères à Versailles. L'alliance ébranlée chancelait; la politique française menacée dlsolement réclamait de la guerre les derniers sacrilices ; elle s'était engagée à porter de 24,000 hommes à 30,000 Teffectif du corps auxiliaire promis à l'impératrice par le traité de Versailles. C'était le comte de Clermont qui devait payer les frais de la réconciliation ; on lui retirait la brigade autrichienne et trois régiments suisses; on lui retirait aussi, mais pour les garder provisoirement dans l'intérieur du royaume, quinze bataillons français des plus épuisés par la dernière campagne; en revanche on lui destinait 13,000 hommes de milice, soit pour servir au recrutement de Tinfanterie régulière, soit pour être affectés à la garde des communications de Tarmée. Cet échange fait, on lui garantissait un effectif combattant de G0,000 hommes de pied et de 20,000 chevaux, auxquels il serait libre d'ajouter, quand et conmde il lui plairait, 6,000 Palatins, 6,000 Wurtembergeois et 10,000 Saxons*. Le prince bondit de colère : «Je
1. Cn'mille à Clermont, 3 avril, — Belle-lsie à Clermont, 6 avril. Pnp. Clermonfy 1758, 1. H, n** 142-150.