MENACES DU COMTE DE CLERMONT
sais ce que c'est que des armées ainsi combinées, s'écria-t-il, je ne veux pas faire le second tome de M. de Soubise. Le roi m'a mis à la tête d'une armée françoise ; j'aime mieux les bataillons françois à trois cents hommes que ceux qu'on veut me proposer h mille*. » On l'affaiblissait, on le sacrifiait; comment voulait-on qu'il pût défendre le Rhin? Wesel ne pouvait pas tenir six joiu's; Dusseldorf valait moins encore; autant se décider tout de suite à reculer derrière la Moselle et la Meuse, et il s'y préparait^.
La foudre éclatant en plein Conseil n'y eût pas jeté plus d'effroi ; on crut tout perdu. Madame de Pompadour se récria la première : « Vous êtes persuadé, monseigneur, du violent chagrin que les événements malheureux m'ont causé; celui que j'éprouve aujourd'hui par votre dépêche et la lettre dont vous m'honorez l'est encore plus, s'il est possible. Je vois que les troupes qui vous ont été demandées pour l'impératrice vous déterminent à une seconde retraite mille fois plus Iiumi- Uante et plus dangereuse à tous égards que celle ^ue vous venez de faire. Nos idliés accablés et la Hollande maltresse de se déclarer sans courir de risque sont les moindres inconvénients qui en doivent résulter. D'un autre côté, si nous n'envoyons pas à l'impératrice les secours promis, elle est en très-grand danger d'être détrônée. Nous resterons donc seuls, ayant abandonné et laissé périr nos amis (et où trouverons-nous jamais