LB COMTE DE CLB&MONT
Toulait bien croire honnête homme , mais « trop lent et trop enveloppé )>, selon lui, pour pouvoir jamais se tirer d^affaire. C était un homme qu'il voulait perdre dans Tesprit du maréchal de Belle-Isle comme il FaTÛt perdu dans Tesprit du comte de Clermont. Et en effet, dès le lendemain, voici ce que le comte de Clennont écrivait au maréchal : « M. frayot est, je crois, le plus honnête homme du monde ; il a de Tesprit , mais un flegme et un froid sur tous les événements qui me fait bouillir le sang , nulle sorte d'activité et guère davantage de re^ sources... Par exemple, j'allai hier voir Thôpital qui est établi dans la citadelle d'ici; j'y trouvai des salles mai tenues, des malades qui me dirent n'avoir pas changé de linge depuis un mois (peut-être exagèrent-ils im peu). Je demandai oii étoient les médecins; ils avoîeot fait leur visite le matin er ils n'étoient pas encore revenus à sept heures du soir. Il y avoit cinq chirurgiens de garde, je n'en trouvai pas un seul; je, les ai fait mettre en prison. J'allai à la cuisine goûter le bouillon : ce n'étoit que de l'eau et du sel avec de la graisse. Je grondai le contrôleur qui se trouva là et je l'envoyai en prison. Je goûtai le pain qui étoit bon, le vin supportable. Revenu chez moi, j'y trouvai l'intendant ; je lui dis que son hôpital étoit mal tenu ; comment dévoient être les autres qui étoient trop loin pour que je pusse y avoir l'œil moi-même, puisque celui de Wesel étoit dans un si déplorable état, qui étoit cepen4ant le meilleur et le plus facile à tenir, d'autant plus qu il étoit sous ses ordres? Il me dit qu'il n'y avoit qu'à punir; }e lui répondis que c'étoit ce que j'avois fait, mais qu'il disoit toujours qu'il falloit punir et qu'il ne punissoit personne , qu'il faUoit faire et qu'il ne faisoit pdnt. Il