ET L'INTENDANT GAYOT
m'avoua qu'il avoit tort et qu'il n'avoii pas été à Thôpital depuis qu'il étoit à Wesel... Soit que j'aie éclairé M. Gayot sur sou incapacité, soit que je lui aie fait connottre qu'il d 'étoit point dans le genre de sa besogne, soit que ce genre soit opposé à son caractère, soit enfin que les reproches que je lui ai faits moi-même l'aient mortifié, il est convenu de tout le mal que j'avois trouvé, m'a dit tout ce qu'il avoit fait pour y apporter remède ; mais ce n'est pas un homme qui attaque les principes, il ne travaille que sur le momentané, et ce sont les principes que je veux attaquer. Il m'a dit qu'il sentoit que sa santé étoit affoiblie, qu'il convenoit que la besogne étoit trop forte pour lui , qu'il étoit bien juste qu'après avoir travaillé quarante ans sans discontinuation, il finît par se reposer, et qu'il me demandoit la permission de vous écrire pour obtenir sa retraite. J'ai fort approuvé ce parti raisonnable et philosophique... Je ne connois point M. de Bernage, intendant de Metz, par rapport à ses talents; je n'ai jamais été à portée de le voir à la besogne; mais des gens dignes de foi m'ont dit qu'il étoit grand travailleur, homme ferme, et c'est ce qu'il me faut, qu'il avoit la conception facile, de la gaieté et de la vivacité dans le travail, c'est ce que l'aime. Je vous avoue que les gens sombres, lents, flegmatiques ou renfrognés me désespèrent. D'ailleurs on m'a assuré que c'étoit un très-honnéte homme, iacable de vilenie et d'intérêt, qui a une fortune faite, ce qui ne gâte rien pour la probité. Je crois, monsieur le maréchal , que voilà notre homme, s'il edi ainsi que me l'ont dit ceux à qui je crois pouvoir me fier '. »