‹ Le comte de Gisors, 1732-1758, étude historiqueChapitre 356 sur 422 · LETTRES DU COMTE DE GISOKS · texte numérisé non relu

LETTRES DU COMTE DE GISOKS

pousse jusqu'à dire que M. de Mortaigne est peut-être celui qui vous a dégoûté de M. Gayot, et si cette opinion s'accréditoit, dès ce moment Duverney et tout ce qui y a rapport prendroit en grippe M. de Mortaigne, ce qui seroit une chose encore plus fâcheuse, car je ne connois aucun officier général en France qui vaille mieux que lui^ni qui soit plus propre à bien servir le roi et en même temps Votre Altesse Sérénissime * ... »

Cette dépêche pour le prince achevée, le maréchal en avait commencé une autre pour M. de Mortaigne; mais, vaincu par la fatigue, il passa la plume au comte de Gisors qui continua en ces termes : « J'étois dans Tintention de vous écrire de mon côté, mon cher général , et de répondre aux lettres que j'ai reçues de vous ; mais mon père, qui est encore foible et las d'un travail de deux heures qu'il vient de faire avec le roi, m'a chargé d'achever sa propre dépêche et d'entrer avec vous dans le détail des précautions que vous devez prendre pour qu'on ne vous impute nullement le mécontentement de M. Gayot et le désir qu'a M. le comte deClermont d'avoir M. de Bernage à sa place. Depuis que je suis ici, je n'ai cessé de dire comme vous à mon père combien j'avois trouvé M. Gayot indolent ; mais il est impossible de le persuader à M. Duverney qui le soutient de tout son crédit, et ce crédit est soutenu de tous les fonds de M. de Montmartel qui favorise autant les opérations approuvées par son frère qu'il se refuse à tdut ce qui n'a pas cette approbation. Dans la position où l'on est, il faut ménager toutes les fantaisies d'un homme dont on ne peut pas se passer. Le maréchal

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