OPINION DU COMTE DE GISORS
les avantages qu'elle pourroit remporter à Tentrée de la campagne, pourvu qu'on le laisse faire; mais avant tout il veut que M. (iayot et [son frère] M. de Belombre, dont il ne connoît pas les pareils, conservent leurs places, qu'on fasse le procès juridiquement aux commis de toute espèce convaincus de malversations, mais qu'on n'avilisse pas l'état * en général par des propos humiliants et des peines afflictives imposées arbitrairement. 11 prépare une lettre détaillée sur tous ces objets, d'après le succès de laquelle il se décidera à aller en personne trouver S. A. S. pour concerter avec elle tous les moyens qui doivent assurer les opérations de cet été. Ne perdez pas de vue, mon cher général, qu'à la suite de M. Duverney marchent tous les trésors de M. de Montmartel , et sans faire toutes les réflexions qu'inspire la dépendance où se trouve le ministère de ces deux hommes, partez de là pour établir le plus parfait concert entre vous et eux, ce qui ne peut se faire qu'en vous prêtant à leur foible pour M. (îayot et ne heurtant pas de front leur système sur la régie des fourrages. Voilà, en respectant et en approuvant du fond de mon cœur votre opinion sur les entreprises^, ce que je crois devoir vous représenter pour le bien de la chose auquel il vaut mieux parvenir un peu plus chèrement que de demeurer en chemin. » A cette lettre du comte de Gisors le maréchal de Belle-Isle donnait, pour frapper davantage l'esprit de Mortaigne , la sanction de son autorité