OPINION DU COMTE DE CLERMONT
personnelle : « Vous pouvez ajouter foi h tout ce qu'il vous mande comme si c'étoit moi-même '. »
Le comte de Clermont, pour sa part, n'avait point fait de résistance au vœu de la Cour. « Je vais, avait-il mandé dès le 6 mai au maréchal de Belle-Isle, je vais écrire à M. Duverney la lettre qu'on souhaite afin qu'on n'ait pas à me reprocher un jour que si l'on n'a pas d'argent à m'envoyer, c'est ma faute, puisque j'ai refusé le moyen qui pouvoit m'en procurer. Je souhaite encore que ce moyen soit aussi efficace qu'on le pense, et la suite le prouvera. 11 y a vingt ans que M. Duverney étoit un des plus grands munitionnaires qu'il y ait jamais eu, et que sa santé lui permettoit un grand travail et des vues, quoique toujours un peu outrées, qui avoient des points lumineux; mais à présent, je suis sûr que sa santé est détestable, qu'il est mangé de vapeurs et qu'il voit bien en noir. Je sais que dans ce moment il est difficile de voir en blanc, mais cependant il est bien essentiel de ne pas outrer les spéculations. Nous avons ri plusieurs fois ensemble sur ce que la fureur de Duverney étoit d'être général; je ne me suis pas aperçu qu'en vieillissant il ait perdu ce goût-là, et cela n'est pas commode pour un homme qui commande une armée, surtout vis-à-vis de quelqu'un aussi despotique que l'est notre homme, et qui est toujours prêt à s'en aller à Plaisance, quand on n'est pas de son avis. Mais